• site labellisé

    Le domaine de la Roche Jagu est propriété du Conseil Départemental des Côtes-d'Armor depuis 1958. Situé sur la commune de Ploëzal (22260), il s'étend sur près de 64 ha (638150 m²) dans l'estuaire du Trieux et dans un contexte paysager marqué par l'agriculture et par la forêt. 3 grands types d'espaces coexistent sur le site : 7 ha de milieux ouverts intensifs (zones jardinées et/ou aménagées), 14 ha de milieux ouverts extensifs (prairies, landes, marais…) et 42 ha de milieux fermés boisés. La gestion différenciée est appliquée sur le site depuis 2002. http://www.larochejagu.fr

    Structure du site

    Le plan de gestion différencié a été remis à jour en 2021 et est intégré sous SIG. Il prend en compte la sensibilité des milieux naturels mais également les aspects historiques et culturels, la dimension d’accueil du public du domaine mais également toutes les contraintes rencontrées dans la gestion et l’animation du domaine.

     

    Ce plan de gestion a listé, pour tous les enjeux du parc (écologiques, pédagogiques, culturels, patrimoniaux, etc.), les objectifs et actions associées, afin de continuer à progresser dans la conciliation de tous les usages en vigueur sur le domaine de la Roche Jagu. 

     

    Le plan de gestion répartit sous forme de calendrier les différentes interventions à programmer au cours de l’année pour chaque type de milieu, permettant d’avoir une vision claire et rapide des travaux à programmer pour les équipes de gestion.

     

    Le travail sur la formalisation des documents liés à la gestion des espaces du parc et à la connaissance de ses milieux a été poursuivie depuis l’audit précédent afin de pérenniser les pratiques et améliorations mises en place.

     

    La gestion du site fait l’objet d’une évaluation cyclique, ce qui permet de constamment remettre en question les pratiques et de les améliorer.

    Le site est relié à de nombreux espaces naturels et en est lui-même un en grande partie (hormis le château et ses alentours plus aménagés).

    Les connexions à ces sites naturels sont identifiées et privilégiées par la gestion conservatoire menée sur les milieux du domaine adjacents au château.

     

    Toute réhabilitation du bâti se fait, autant que possible, avec des méthodes et des matériaux respectueux de l'environnement. Par exemple, le restaurant "Le Petit-Jagu", situé dans la cour du château, a été rénové avec des enduits à base de chaux-chanvre et a été équipé de toilettes sèches.

     

    Depuis l’aménagement du parc de la Roche Jagu en 1986, le site est suivi et a été largement façonné par l’architecte paysagiste Bertrand Paulet, permettant un maintien des intentions paysagères initiales qui sont par ailleurs largement détaillées au sein des documents qui ont guidé l’aménagement du parc dans le début des années 1990.

     

    Ces documents recensent également un historique de toutes les acquisitions et des aménagements afin de conserver ces informations qui peuvent guider les choix futurs de gestion et d’aménagement.

     

    Sol

    Les caractéristiques du sol sont connues : un état des lieux des épaisseurs de sols, des formations pédologiques et géologiques a été réalisé et intégré à la nouvelle version du plan de gestion.

     

    Les sols à nus sont proscrits sur le site : ces pratiques vont jusqu’aux cultures maraîchères : des couvres-sols et engrais verts sont semés en continu sur ces espaces afin d’éviter la détérioration des sols. Les déchets verts

     

    Le retournement radical des sols a été aboli pour un passage vers des techniques plus douces (type grelinette - bio-bêches) qui ne travaillent le sol qu'en surface plutôt que de le labourer. Le paillage permet par ailleurs de favoriser le travail du sol par la faune qu'il abrite.

     

    Plusieurs campagnes d’analyses de sols ont permis de rationaliser les pratiques de fertilisation (dont les intrants ont été divisés par 2 en 4 ans) et de mesurer l’effet des changements de pratique.

     

     

    Celles-ci ont permis de rationaliser les interventions mécaniques sur les sols pour pallier aux effets de la fréquentation du site sur les pelouses : la décompaction du sol, l’augmentation de la hauteur de tonte qui a permis de renforcer la résistance des gazons a permis de réduire largement les arrosages et d’améliorer le rendu paysager des pelouses.

     

    La gestion des sols est une donnée intégrée au plan de gestion pour les différents milieux du site.

     

    Les apports de substrat sont très ponctuels et globalement limités à certains massifs horticoles et au damier dont les sols ont été récemment renouvelés afin d’éviter le développement trop prononcé de plantes spontanées non désirées sur ces espaces de prestige et de pédagogie.

     

    Les apports en fertilisation ont été diminués depuis l’audit précédent, tant en termes de surfaces que de quantités.

    Eau

    L’acceptation du jaunissement des pelouses, la réduction des surfaces arrosées (en dehors de celles jouxtant le château et celles du damier qui représentent des zones de prestige) et la réduction du temps de fonctionnement et des débits de la fontainerie (réduction quotidienne de 3h) a permis de diviser par plus de deux la consommation en eau entre 2016 et 2021. L’eau est par ailleurs issue d’un forage spécifique à l’alimentation des bassins, fontaines et à l’arrosage afin d’éviter le recours à l’eau potable.

     

    Les arrosages se limitent désormais à des arrosages manuels des plantations horticoles quand les conditions météorologiques le demandent.

     

    Un travail sur un tableur prenant en compte les conditions météorologiques, les notions d’ETP, etc. avait été initié en 2016 afin de rationnaliser l’éclairage. Le constat a été fait que le fonctionnement de ce tableur était trop complexe pour qu’il soit correctement saisi par les équipes de gestion. Un retour à des techniques d’arrosage manuelles et s’appuyant de manière plus forte sur l’expertise des agents a été faite en associant étroitement ceux-ci aux projets de rationalisation des consommations en eau.

     

    Un plan de gestion a été réalisé spécifiquement pour chaque mare du domaine en fonction de ses caractéristiques, de son environnement et des attendus écologiques.

     

    Des analyses chimiques et biologiques de l’état des cours d’eau sont réalisées sur le domaine afin d’en suivre les évolutions. L’état des masses d’eau est néanmoins considéré comme moyen par le SAGE, les effluents amonts étant dégradés par les pratiques d’agriculture intensive qui entourent le site.

     

    Faune / Flore

    Environ 80% du site est désigné comme Zone de Protection Spéciale au titre du réseau européen de protection Natura 2000. Le DOCOB (document d’objectif) avait identifié 3 habitats d’intérêt communautaire sur le site. Néanmoins, le travail sur la connaissance des milieux du domaine a permis de recenser d’autres habitats d’intérêt communautaire (pour un total de 8 typologies d’habitats) dont la richesse et la sensibilité a été prise en compte dans l’élaboration du nouveau plan de gestion 2021. Chacun de ces milieux est décrit au sein du plan de gestion différencié ;

     

     Le site est par ailleurs désigné comme corridor / réservoir de biodiversité secondaire au sein du SRCE de la région Bretagne : les continuités écologiques sont prises en compte dans les aménagements et la gestion du parc.

     

    Une cartographie complète des habitats biologiques du site a été réalisée selon la typologie EUNIS : ce travail permet à la fois d’orienter les suivis naturalistes qui sont réalisés mais également la gestion et les périodes de gestion en prenant en compte de la manière la plus fine possible les cycles biologiques des espèces.

     

    La gestion du domaine est réfléchie de manière à favoriser la représentation de toutes les strates et typologies de milieux afin de favoriser la richesse floristique qui s’exprime sur le site et par extension la richesse faunistique.

     

    La création de refuges pour la faune par valorisation des déchets verts a évolué de manière positive depuis quelques années. La conception des gîtes est pensée de manière à favoriser les espèces visées : de la microfaune xylophage jusqu’à la petite faune.

     

    Un réaménagement des espaces de damiers est actuellement en cours sur les espaces du jardin des simples, qui est un jardin médicinal. Un travail bibliographique est en cours afin d’exposer sur cet espace près de 130 plantes sauvages locales (basé sur le travail d’inventaire de la flore des Côtes d’Armor) à propriété médicinale.

     

    Les gestionnaires sont accompagnées depuis la conception du parc par des botanistes, herpétologues, entomologistes et autres experts locaux de la biodiversité qui appuient et orientent scientifiquement les choix de conception et les orientations de gestion du parc.

     

    De nombreux suivis sont réalisés sur le site : suivis chiroptérologiques avec notamment le suivi d’une colonie estivale de Grands Rhinolophes, suivis mammalogiques avec notamment des caméras infrarouges qui permettent de suivre à l’année les populations de mammifères, suivi de la reproduction des amphibiens (protocole POPAmphibiens), suivi des populations de reptiles (protocole POPReptiles) avec pose de plaques. Depuis ces suivis et les orientations de gestion qui en ont découlé, une augmentation de l’abondance des populations de Vipère pléiade a pu être observée.

     

    Des inventaires STOC sont également réalisés pour suivre les populations d’oiseaux communs dans le temps.

     

    La richesse floristique des prairies est suivie par l’application du protocole Florilèges. Les techniques de fauche sont par ailleurs pensées pour éviter les impacts sur la faune tout en favorisant la diversité floristique : fauche tardive centrifuge, ilots refuges, augmentation des hauteurs de fauche pour éviter d’impacter la microfaune.

     

    Un gîte à hérisson a récemment été installé : il a été spécialement conçu pour permettre le passage des hérissons mais pas de ses prédateurs.

     

    En complément du protocole Florilèges, le protocole PROPAGE permet de suivre, sur des points définis depuis de nombreuses années, la richesse en rhopalocères.

     

    Depuis l'audit de 2016, une pépinière locale a été identifiée pour l'achat de plants et semences de plantes médicinales.

    Les achats de plantes forestières se font auprès d'une autre pépinière bretonne qui est labellisée "Plantes sauvages" et qui se fournit à partir de plants sauvages locaux, permettant de favoriser une meilleure adaptabilité génétique des plants aux conditions édaphiques et météorologiques locales.

    De nombreuses plantations sont par ailleurs issus de prélèvements réalisés dans les milieux naturels du domaine.

     

    Une prestation est réalisée deux fois par an par un arboriste localiste spécialiste de la taille afin de cadrer les tailles de formation et les tailles curatives de l'ensemble du patrimoine arboré du domaine. Un arbre en particulier qui a une valeur historique (seul arbre ayant résisté à la tempête de 1987) est par ailleurs suivi photographiquement d’année en année afin de suivre son évolution et de le maintenir aussi longtemps que possible.

     

    Anciennement, des moutons étaient mis en pâture sur certains milieux ouverts. L'éleveur en partenariat étant parti à la retraite, un nouveau partenariat est en cours d'élaboration afin de faire pâturer une variété de vaches bretonnes sur les prairies du site.

     

    La gestion des déchets verts est pensée à être valorisée. Les matières non valorisées sur zone sont valorisées en circuit court, notamment par les agriculteurs locaux.

     

    De nombreux gîtes ont été aménagés par valorisation des déchets verts : hibernaculas à reptiles, arbres morts laissés en totem, etc.

    Matériaux & mobiliers / Matériels & engins

    Un suivi de la consommation en carburant a été mis en place depuis l’audit précédent. Ce suivi est différencié selon chaque engin et véhicules.

     

    Les huiles, graisses et produits de maintenance (fils de débroussailleuses notamment) sont maintenant des éléments biologiques et biodégradables. Cette pratique a même été étendue jusqu’au matériaux utilisés pour les fils, tuteurs et liens qui évitent autant que possible l’usage de matières synthétiques ou pétrochimiques.

     

    Certains engins en fin de vie sont donnés ou mis aux enchères si ceux-ci sont toujours en état de fonctionnement.

     

    Les achats sont cadrés par les chartes établies à l’échelle du département : des clauses relatives aux achats respectueux de l’environnement pour les mobiliers, les matériels et engins. Par ailleurs, le suivi réalisé sur les factures qui sont classées selon leur thématique (eau, sol, faune-flore, matériel et engins, etc.) et sous une sous-catégorie (achat de matériel, fourniture d’entretien, etc.) permet de garder l’information des produits utilisés et de pérenniser les améliorations qui y sont apportées.

     

    Le parc de matériel électroportatif a augmenté depuis 2016 avec l’achat de matériel tels que les tronçonneuses, sécateurs ou encore tondeuses électriques.

     

    Le parc automobile est passé de 3 à 2 véhicules thermiques. Trois vélos électriques ont été achetés et mis à disposition des agents. Un véhicule électrique tout terrain de faible taille a par ailleurs été acheté afin de pouvoir circuler dans les cheminements étroits du domaine.

    Formations

    Un plan de formation a été établi depuis l’audit précédent.

     

    L’ensemble des thématiques du label EcoJardin ont été abordées au cours des différentes formations suivies par les agents depuis le précédent audit de labellisation.

     

    Le domaine de la Roche Jagu étant un domaine départemental, les gestionnaires peuvent s’appuyer sur les formations proposées au niveau du département. Cette proximité à de nombreuses structures permettent aux agents de bénéficier de formations à des techniques traditionnelles telle que la vannerie.

     

    Les agents bénéficient de formations sur de nombreuses thématiques, allant des techniques de gestion aux formations liées à l’accueil du public et à l’animation de sessions pédagogiques sur les sujets de la biodiversité et de gestion écologique.

     

    Les gestionnaires de La Roche-Jagu se sont entendus avec des partenaires extérieurs afin de mutualiser leurs compétences techniques, de partager leurs connaissances naturalistes dans l'objectif d'améliorer la gestion de leur site respectif. Dans cette démarche, une convention de partenariat a été signée en 2015 avec la Communauté de Communes Paimpol-Goëlo.

     

    Les agents ont suivi en partenariat avec les jardins de Chaumont-sur-Loire des formations sur les dynamiques des sols en lien avec les pratiques de gestion et les aménagements.

    Public

    Un travail sur la signalétique est actuellement en cours de manière à ne pas impacter négativement le paysage du domaine tout en permettant l’information des visiteurs.

     

    Des informations pédagogiques sont mises à disposition des usagers du site en tâchant d’éviter d’en faire un élément trop présent qui polluerait le paysage.

     

    La fête des jardins ou encore la journée du patrimoine est l’occasion pour les gestionnaires d’aller à la rencontre des usagers du site afin de communiquer sur la gestion et les actions menées en faveur de la biodiversité.

     

    Des animations nature sont organisées de manière régulière sur site. Pour cela, des fiches sont mises à disposition des professeurs, d’autres formats à disposition des élèves.

     

    Un effort particulier est mis en place sur la question de l’accueil des scolaires afin de faire découvrir et de sensibiliser les jeunes générations aux richesses et à la préservation de la biodiversité. Le domaine représente pour cela un formidable support de pédagogie.

     

    L’INSEAC, dont le siège se situe à proximité du domaine, a noué un partenariat avec le domaine afin de renforcer l’activité culturelle sur le site sur des thématiques diverses et variées relative à l’environnement, la culture artistique et scientifique et des évènements hybrides mêlant arts et biodiversité.

     

    Des expositions, colloques à portée national, évènements culturels portant sur la biodiversité et le développement durable, sont régulièrement organisés sur le domaine.

     

    Les équipes du parc sont en partenariat avec plusieurs structures : structures d’insertion professionnelle pour divers travaux (allant de travaux de gestion et d’aménagement des espaces verts à de la maçonnerie et divers travaux de maintenance), structures éducatives (le site est un plateau technique pour certains centres de formation aux métiers du paysage).

     

    Les équipes de gestion sont très impliquées dans les notions de partage et mutualisation des connaissances, de solidarité sociale, etc.

     

    La communication réalisée sur le parc valorise et met en avant l’usage de la langue bretonne, par exemple en proposant aux visiteurs de pouvoir consulter les noms scientifiques des plantes mais également leur nom traditionnel breton.

     

    Localisation

    roche jagu
    22740 ploezal
    France

    Galerie photos

    photos