• Le domaine de la Roche Jagu est propriété du Conseil Départemental des Côtes-d'Armor depuis 1958. Situé sur la commune de Ploëzal (22260), il s'étend sur près de 64 ha (638150 m²) dans l'estuaire du Trieux et dans un contexte paysager marqué par l'agriculture et par la forêt. 3 grands types d'espaces coexistent sur le site : 7 ha de milieux ouverts intensifs (zones jardinées et/ou aménagées), 14 ha de milieux ouverts extensifs (prairies, landes, marais…) et 42 ha de milieux fermés boisés. La gestion différenciée est appliquée sur le site depuis 2002. http://www.larochejagu.fr

    Structure du site

    Le plan de gestion différenciée a été finalisé en décembre 2015 et une cartographie associée (sous SIG) a été produite.

    L’aménagement du domaine date de 1992. Les objectifs paysagers de l’architecte Bertrand Paulet sont classés par thématiques dans des cahiers.

    La palmeraie, le jardin des terrasses et les jardins médiévaux sont fermés au public en période hivernale, ceci afin de limiter d'éventuelles dégradations de ces espaces.

    Les locaux du service technique et administratifs ont été construits en 2005 et sont équipés de double-vitrage, de chasse d'eau double flux, isolation aux normes en vigueur, bois douglas non traité…

    Des toilettes sèches ont été installées dans le restaurant du Parc Le Petit Jagu en 2015.

    L’usage des produits phytosanitaires a pris fin en 2009 (le Cabinet Geum a réalisé un audit en 2001 et a donné des préconisations dont l'arrêt des traitements phytosanitaires).

    Le Parc n'est pas fermé de manière physique dans sa partie Sud-Est et Nord/Nord-Ouest : il existe donc de multiples liaisons entre le domaine et le contexte écologique existant.

     

    Sol

    Des sondages à la terrière ont été faits dans les années 90 pour savoir quels végétaux pouvaient être plantés au sein du domaine : études pédologiques réalisées pour permettre un choix d'aménagement adéquat.

    Des analyses physico-chimiques ont été réalisées en 2006 et en 2013 sur deux zones de prairies et sur des zones horticoles autour du château.

    Tous les sols sont soit recouvert par des espèces végétales tapissantes, soit recouverts de paillage.

    Un risque de pollution des terrains du Sud qui sont limitrophes de terrains agricoles existe. Un projet de rachat et de rétrocession de ces terrains avait été pensé afin de mettre en place une pratique agricole responsable au niveau de l'usage de produits polluants, mais ce projet est en stand by actuellement.

    Les pentes sont aménagées en terrasses lorsqu'elles ne sont pas recouvertes par la forêt ou la lande afin d'éviter la chute de la terre vers le bas.

    L'achat de nouveaux engins a permis de limiter les passages pour tondre les zones végétalisées ouverte et donc de diminuer la pression sur le sol.

    Les évènements se déroulent sur des zones végétalisées différentes d'une année sur l'autre : la pression du public a été intégrée dans les actions de gestion du sol.

    Les zones enherbées sont fertilisées 2 fois par an et un chaulage d'entretien est réalisé une fois tous les deux ans, suite aux analyses de 2013.

    Le stabilisé de type sableux et les parkings sont en bi-couche gravillonés sablés : le fait que les zones de parking soient imperméables limite le développement des adventices et donc le désherbage sur ces zones.

    Sur l'ensemble des 3 500 m² de murs de soutènement, la végétation spontanée est acceptée et laissée in situ. Certaines zones de parking sont complètement enherbées.

    Les cheminements sont entretenus par désherbage thermique à l'aide d'un brûleur à flamme directe et par désherbage manuel grâce à une houe maraîchère. Une débroussailleuse complète les actions de désherbage.

     

    Eau

    L’eau d’arrosage provient de deux forages : aucune Eau de Ville n’est utilisée pour l’irrigation sur le domaine.L’eau de pluie est récupérée et est utilisée pour le nettoyage du matériel (cuve de 5000 litres).Un compteur a été installé au mois de mars 2016 et collecte les données des deux puits de forages : cela permet le suivi de la consommation eau de fontainerie et eau d'arrosage.Des tests sont effectués tous les 2-3 mois, et sont consignés dans le cahier de suivi présent au cœur de la station de pompage.Les bassins du site sont alimentés par de l'eau de source (provenant des forages) qui repart dans le milieu naturel par gravitaire.Le fonctionnement du réseau d’eau des bassins est actif 6 mois de l’année seulement.Des noues sur les zones de parkings et sur certaines zones paysagères ont été mises en place pour favoriser l'infiltration des eaux de pluie. Les noues sont fauchées en rotation, jamais à ras (minimum de 30 cm de hauteur).

    Faune / Flore

    Des bandes céréalières ont été plantées à différents endroits du parc (encadrées par des bandes de pelouses), du blé noir notamment, afin de limiter la pousse d'adventices, d'ameublir le sol et d'enrichir le sol (fonction d'engrais vert). Ces bandes céréalières sont fauchées tardivement et constituent un véritable réservoir de nourriture et une zone refuge pour la faune locale.

    Les différents types de milieux naturels ont été inventoriés et cartographiés et une étude complète sur la flore a été réalisée en 1993.

    Des inventaires ponctuels d’herbacées et de fougères ont été réalisés en 2012 et 2013.

    En juin 2016, un botaniste est venu inventorier des zones de prairies fauchées au niveau des graminées pour évaluer leur état et adapter le mode de gestion. Pour poursuivre cette démarche, un partenariat est en cours de signature afin de réaliser un suivi de la biodiversité floristique sur le Parc sur les espèces indicatrices et sur les zones ouvertes sur 2 ans.

    Des inventaires Oiseaux, avec protocole STOC capture et STOCK EPS, sont fait tous les ans, et les données sont transmises au Muséum tous les ans, pendant 5 ans depuis 2012 : la convention de partenariat sera continuée en 2017.

    Des inventaires lépidoptères ont été menés en 2010 et 2011.

    Quatre mares (creusées en pleine terre) sont en cours de création afin de créer un milieu favorable à la faune inféodé au milieu aquatique végétalisé. Des amas de bois et de pierres seront mis en place à proximité immédiate afin de permettre à la faune qui colonisera le milieu de se réfugier et/ou de se nourrir. Les arbres morts sur pieds accolés aux mares sont également conservés, pour diversifier le milieu.

    L’aménagement du parc au niveau de la strate arborée est fait avec des essences locales et des partenariats engagés avec des pépinières locales (volonté de l'architecte).

    Les plantes mellifères sont quant à elles très utilisées dans les jardins médiévaux.

    Dans les jardins médiévaux, la lecture du paysagiste est conservée tout en intégrant la flore spontanée dans les différents massifs. Ce travail est réalisé par les jardiniers qui sélectionnent les espèces locales. Certains massifs qui étaient à l'origine 100 % horticoles sont ainsi constitués à présent à 50 % de plantes indigènes.

    Plusieurs espèces protégées ont été observées sur le domaine : Lucane cerf-volant, Escargot de Quimper, Sphinx de de l'épilobe, Argiope frelon…

    Les espèces spontanées sont favorisées sur le site pour laisser les espèces de papillons effectuer leur cycle de vie, les arbres morts sont laissés sur pied, les tailles de bois morts sont laissés sur place au maximum pour créer des refuges à la vie sauvage.

    Toutes les espèces présentes sur le site, ont été sélectionnées pour qu'elles se développent sans soin particulier, sans "acharnement thérapeutique" : si dépérissement des végétaux, on choisit automatiquement une espèce locale. Dans la palmeraie pas de voile d'hivernage, l'espace choisi (ancienne carrière  orientée sud-est) est adapté à des espèces plus exotiques…

    Aucune annuelle n’est plantée dans les massifs du domaine.

    Les achats de plants sont réalisés dans des pépinières départementales (sauf pour l'achat de plantes médicinales car pas de pépinières locales), certaines étant labellisées Nature et Progrès.

    Taille d'entretien légère au printemps et taille de correction début octobre, que pour les haies de Houx (qui ont remplacé les haies de Buis pour certaines d'entre elles) : ces haies de Houx ont une vocation paysagère.

    Pour les autres zones arbustives, les cycles de floraison et de fructification sont pris en compte dans les opérations de gestion.

    Un système de rotation pour les fauches des zones prairiales est mis en place : tout n'est pas fauché la même année. Cette rotation est visuellement accessible sur une cartographie.

    Certaines zones de prairies sont fauchées en fonction des évènements : les résidus de tonte sont transformés en foin (accord avec les agriculteurs du coin).

    Un éco-pâturage existe depuis 2011, chaque année, sur 6 semaines, sur les zones des landes.

    Un plan de gestion spécial pour les 4 nouvelles mares sera réalisé courant 2017.

    Des mesures ont été mises en place pour réduire la production de déchets verts, notamment sur les zones de pelouses : changement de la hauteur de tonte avec calibrage des machines sur les zones de pelouses du site, avec hauteurs de tonte différentes en fonction des espaces de pelouses : 5, 8, 10, 12 et 20 cm, depuis juin 2012.

    Les déchets verts produits sur le site sont soient valorisés in situ (compostage ou broyage) soit donné aux agriculteurs des environs sous forme de foin (environ 25 % des déchets verts).

    Le bois de coupe dans les zones forestières est notamment réutilisé in situ par les jardiniers pour construire les jardinières en étage dans les jardins médiévaux.

     

    Matériaux & mobiliers / Matériels & engins

    Le patrimoine est inventorié et positionné sur une carte et son entretien est suivi.

    Lors des renouvellements, le bois choisi est certifié PEFC ou FSC et non-traité.

    Le site n’est pas éclairé.

    Formations

    Un plan de formation intégrant des thématiques écologiques sera mis en place à l’issu de la synthèse d’audit, afin de proposer des formations adéquates aux agents de terrain.

    Dans les 3 dernières années, plusieurs formations à thématiques écologiques ont été dispensées au personnel intervenant sur les espaces verts du domaine. Les thématiques suivantes ont été abordées : Structure du site, Sol, Faune et Flore et Sécurité.

     

    Public

    Des panneaux pédagogiques sont mis à disposition du public pour leur sensibilisation. Cela dit, la grande majorité des informations pédagogiques sont distribuées au public sous forme de fascicules ou de petit guide papier (pour des raisons esthétiques).

    Des actions de sensibilisation à l’écologie des visiteurs sont organisées régulièrement sous les formats suivants : visites accompagnées au sein du domaine sur simple demande, animations pédagogiques scolaires et nature, ateliers nature et conférences. Lors de ces évènements, les jardiniers sont amenés à intervenir pour discuter avec le public des opérations de gestion qu’ils pratiquent sur les différents endroits du domaine.

    Lors d'ateliers nature, des temps de pratique pour la création de refuge à insectes par exemples, de nichoirs à oiseaux, sont mis en place pour les enfants et pour les adultes handicapés ou en insertion. Les 4 nouvelles mares sont creusées en partie par des adolescents du CFA voisin, et par des adultes handicapés ou attachés à un programme d'insertion.

    Tous les deux ans, la Fête des Jardins a lieu sur le domaine. C’est lors de cette occasion que la communication au niveau des déchets verts et du compostage est mise en œuvre.

    Des toilettes sèches mobiles ont été mises au niveau du restaurant du domaine.

     

    Localisation

    roche jagu
    22740 ploezal
    France

    Galerie photos